Pic vert soirée du 03/04/2015

Bonjour à tous  ,
Merci de votre générosité et de votre enthousiasme lors de cette nouvelle soirée de dégustations de vins français versus néozélandais à l'aveugle.
Comme d'habitude , voici un petit commentaire qui en appellera peut-être d'autres si vous n'êtes pas entièrement d'accord .













Pour commencer, le "champagne" Pelorus 2008, assemblage  de chardonnay et de pinot noir de l'excellent domaine Cloudy Bay, que pourtant je connaissais, est un vrai choc gustatif. 
Il est ample, gourmand et très long.
 Le nez s'ouvre sur des notes de pâte sablée, de beurre, de vanille , de pomme  et de citron. 
Il se retrouve en bouche avec des aromes de pâtisserie et en particulier  de tarte au citron.
Le boisé discret témoigne d'un passage en fûts français et américains lui conférant rondeur et générosité.


J'avais goûté cet hiver le champagne blanc de blanc grand cru dégorgé en janvier 2014 du domaine  Suenen à Cramant et l'avais particulièrement apprécié .
Il est d'une grande finesse mais  parait un peu court , austère et réservé après l'exubérant Cloudy Bay. Les bulles elles-mêmes semblent un peu grossières et envahissantes.  
Toutefois , en se réchauffant dans le verre et après un court passage en carafe, il retrouve de la longueur, de l'amplitude et de la distinction. Il a probablement souffert de l'ordre de dégustation et aurait mérité d'être servi en premier vin .
Quelques années de patience en cave devraient également lui faire le plus grand bien ( il m'en reste un flacon!).

Nous avons testé avec Christophe le Chardonnay NZ Mission 2009 et le rare Beaujolais blanc 2010 du domaine des Nugues.
Nous n'étions pas d'accord sur l'ordre de présentation même s'ils nous semblaient dans un premier temps très proches.
J'ai finalement opté pour le beaujolais en premier qui trop frais , s'est montré  initialement un peu fermé et sans relief , ce qui fera dire à l'une de mes voisines impitoyable: "celui-là n'a pour moi aucun intérêt" ( en parlant du vin!).

Le Chardonnay néozélandais , sans doute à meilleur température est ample ,charmeur et joyeux. 
Il s'accorde très bien avec le roulé saumon- épinard-mousse de poisson .
Il offre des notes butyriques et vanillées propres au chardonnay bâtonné avec le léger moustillant des vins blancs néozélandais ( terroir?).
Pour beaucoup son caractère abouti en fait un vin français.
 Seule la petite voix de Stéphanie émet à juste titre ,quelques doutes.

Nous reprenons ensuite le  beaujolais dont l'évolution , en se réchauffant va nous étonner .
Le moribond s'est réveillé , retrouvant vigueur et vivacité , rejoignant maintenant le premier blanc dans une symphonie presque parfaite au point que le distingo entre les 2 protagonistes se fait plus compliqué.
Même ma voisine de droite en convient.
La différence se fait sur un peu moins de sucrosité et d'exubérance pour le vin français.

Il reste 3 rouges pour accompagner le carré d'agneau avec ses pommes de terre boulangère et son navet rapé macéré dans du vin blanc.

Le Cabernet sauvignon TEMATA 2011 propose un nez très engageant de fruits rouges et  de fruits à noyau ( prunes?). 
En bouche , c'est un sirop de fruits rouges et noirs où la fraise bien mure ( Tagada pour ma voisine de droite; ce que je suis tout près d'approuver) domine.
 C'est le premier vin d'une maison très réputée .
Il est jeune, facile ,expressif et présente en outre quelques notes chocolatés qui devraient lui permettre de  s'accorder au dessert.

Le Clarendelle 2006 ,     Bordeaux du domaine DILLON inspiré par Haut-Brion fait l'unanimité quant à son  origine.
 C'est assurément un vin français.
Arborant une belle robe rubis foncé , il impressionne par sa droiture, sa finesse , son élégance.
Les tannins sont souples ,fondus ,très fins enrobant des fruits rouges et noirs croquants tels que la mûre et le cassis associés à des notes chocolatées savoureuses.

Le vin suivant revêt une robe presque noire. 
Il est chaleureux , puissant , droit , long et équilibré. 
C'est très bon! 
Pour beaucoup (et pour moi également si je le dégustait à l'aveugle) , il s'agit d'un vin du midi .
Il a cependant un air de parenté avec le précédent mais avec plus de matière et de force. 
Après une attaque franche ,la bouche est douce et crémeuse , glissant littéralement sur la langue grâce à une jolie acidité. 
Le millésime (année de canicule) explique sa typicité.
 Autour de la table , on est surpris de découvrir le Clarendelle 2003 surtout ma voisine dissipée qui voulait me faire prendre des vessies pour des lanternes ( euh , des navets pour des patates)et venait de m'affirmer péremptoire , je ne sais pas ce que c'est mais en tout cas pas un Graves! 
Bravo , c'est un Pessac-Léognan (appellation moderne du... Graves). 
Bon ,c'est pas grave , elle m'a quand même impressionné par la justesse ( de la plupart) ses analyses et je peux pérorer , j'avais ouvert toutes les bouteilles ce qui me donnait un avantage peu contestable!!

Effectivement , la tarte poires-chocolat s'accorde correctement avec les bordeaux mais pour finir, j'ouvre la fin d'une bouteille de Xérès gourmand et rond, gorgé de cerises très mures, ainsi que  de cacao et de café grillé qui représente à mon sens un accord plus abouti.










En conclusion , nous avons trouvés les vins néozélandais charmeurs et voluptueux , d'un abords plus facile mais plus monolithiques , généralement plus simples et moins élégants. 
La distinction est dans la plupart des cas assez évidente.



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