Repas du 03/01/2014 : pic vert
La mise en bouche se fait avec un champagne Delamotte Brut acheté en 2010 pour accompagner une verticale de 10 millésimes de Lalande de Pomerol belles-graves( 2004 à 1988).
Le champagne est parvenu à une certaine sagesse après une prime jeunesse ingrate.
Il est bien rond, équilibré et a perdu cette verdeur qui était gênante en 2010.
Le mariage avec les toasts de rillette aux 2 saumons est satisfaisant.
J’ai envie d’essayer le Pinot Blanc d'Alsace 1961 Grieshaber viticulteur à Mutzig dans le Bas-Rhin sur les derniers toasts.
Le vin est abouti, soyeux .
Il reste des fruits blancs mûrs, une grande douceur avec encore une belle longueur pour ce cépage méconnu qui présente des liens de parenté avec le chardonnay qui lui confère un petit côté vieux bourgogne.
Nous le réessayons avec le foie gras d’oie au torchon mi-cuit et sa confiture d’oignon qui confirme le côté caméléon , à l’aise dans toutes les situations du Pinot blanc d’Alsace.
Je voulais ensuite ouvrir un Corton Charlemagne de 1960 mais malheureusement , je l’ai oublié dans ma cave et mis un peu tard au frais .
Pour ne pas risquer une amère désillusion , je me résous à le garder pour une prochaine occasion , un peu désappointé car je l’avais prévu en l’honneur d’une des convives présente ce soir.
C’est d’autant plus dommage car l’accord avec le foie promettait d’être intéressant.
J’opte alors pour un Riesling vendanges tardives 83 ,mais le destin devait s’opposer fermement à ma volonté ce soir là, car la bouteille que je viens de déboucher était un Pinot blanc 2006 du très réputé domaine Trimbach que j’avais également mis au frais .
J’ai été trompé par la grande similitude des deux bouteilles.
Qu’allait-il donner sur le plat et après le millésime 61 ,dans un ordre de dégustation absolument pas académique ? Cependant, très bonne surprise, le vin est vif , gai, fruité, de très bonne tenue et pas du tout impressionné par son illustre ainé ni par la confiture d’oignon.
Avec le filet de bœuf , je commence par un Chasse Spleen Moulis en Médoc d’une grande année : 2005, carafé 2 heures auparavant.
Il conserve une grande fraicheur , des fruits rouges frais, des tannins fins mais bien présents qui lui permettront de s’épanouir pendant encore de nombreuse années.
Avec le Pomerol 64 , Bellevue Rodinat, on est dans un monde bien différent de fruit compotés , de tannins fondus, de cuir noble et de sous-bois.
Le vin glisse en bouche. Il est tendre et charmeur ,c’est du velours.
Il n’a , à mon sens pas besoin, d’être accompagné .
On pourrait le qualifier de vin de méditation.
Le Ice Wine ( Marlborough , Hawkes bay)Riesling – gewurztraminer 2000 est une découverte pour beaucoup. Il est espiègle, plein de fruits exotiques , ananas , litchi et senteurs florales mêlées.
Il n’est pas pesant et soutenu par une belle acidité qui lui donne ce côté aérien .
Il s’accorde bien avec les tartes tatins aux poires et aux ananas qui, toutefois, l’inhibent peut-être un peu.
Comme le suggèrent certains , il ferait certainement un très agréable compagnon d’apéritif.
Mon classement :
1ers ex aequo pomerol 64 (très abouti) et pinot 61(un peu moins majestueux mais très belle surprise)
3è pinot blanc de Trimbach.
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